Peut-on encore penser une stratégie de communication sans les réseaux sociaux ?

Depuis son arrivée en France en 2006, Facebook a transformé notre façon de nous informer, de communiquer, de consommer, de faire des rencontres…Qui aurait pu prévoir qu’ internet allait bouleverser à ce point nos vies ? Après plus de 10 ans d’utilisation de réseaux sociaux, on peut s’octroyer aujourd’hui le droit de faire un premier bilan sur l’évolution d’une mode qui a réussi à ne pas être éphémère.

 Il y a 15 ans naissait The Facebook : Mark Zuckerberg est encore un étudiant anonyme et l’univers des réseaux sociaux totalement absent de notre quotidien. Trois ans plus tard, Facebook arrive en France, il faudra encore attendre deux années supplémentaires pour avoir une traduction intégrale du site. Le nombre d’utilisateurs explose alors et la plateforme, d’abord utilisée par les adolescents, séduit progressivement les différentes tranches d’âge… Puis les entreprises.

La vraie révolution dans nos rapports aux réseaux sociaux a été la démocratisation de l’usage des smartphones. D’une utilisation sur ordinateur lors d’une pause au boulot, nous sommes passés à une connection permanente via nos téléphones. Fini le petit tour sur notre fil d’actualité en fin de matinée pour meubler les 10 minutes restantes avant l’heure du déjeuner. Les notifications viennent instantanément nous informer des activités de nos amis et le réflexe de sortir son smartphone à la moindre vibration est devenu monnaie courante pour beaucoup d’entre nous. L’intérêt des publications a beau être généralement relatif, le petit sifflement d’un Samsung ou les 3 notes de musique d’Apple nous forcent à jeter un coup d’oeil à l’appareil. Dans la plupart des cas on ne se donne même pas la peine de déverrouiller le téléphone, on regarde simplement l’origine de l’alerte sans aller plus loin.

Sur Twitter, la réactivité est de mise, bien plus que sur tous les autres réseaux. La durée de vie d’un message n’est que de quelques minutes ; pour exister et avoir de la visibilité il faut être connecté en permanence. En une poignée de secondes, les réactions peuvent fuser sous un tweet d’un utilisateur populaire. Autant dire que même si votre avis est pertinent, il ne sera ni lu ni relayé s’il arrive trop tard. Le message sera noyé dans la masse d’information et les nouveaux tweets.

Du côté d’instagram, la réactivité est moindre. La plateforme dédiée à la photographie séduit grâce à une construction paradoxale alliant modernité et clins d’oeil rétros. Le format carré historique rappelle des souvenirs de polaroïds même s’il est présenté dans un album virtuel actuel et intuitif. Portfolio pour photographes, support créatif pour blogueurs ou simple moyen de partager ses clichés de vacances, Instagram séduit un public très hétérogène. Il ouvre surtout de nombreuses et nouvelles portes aux marques.

Les réseaux sociaux ont fait naître de nouvelles opportunités de communication. Les community managers ont fait leur apparition. Leurs rôles : développer l’image des entreprises dans la jungle des réseaux sociaux et assurer une bonne visibilité sur ces nouvelles plateformes. Cette évolution a aussi nécessité une refonte des métiers de la communication. Avec Facebook on peut diffuser une annonce publicitaire avec une précision encore totalement inenvisageable il y a quelques années : âge, lieu, situation familiale, habitudes,…Rien ne lui échappe. Facebook saura détecter les personnes correspondant aux critères demandés à partir des informations directement fournies par les utilisateurs. La maîtrise de ces supports est aujourd’hui essentielle pour développer une stratégie de communication globale efficace.

Autre profll nouveau dans le paysage digital : les influenceurs. Plus besoin d’être un sportif, une star de cinéma, un chanteur (même si ça aide) pour devenir l’égérie d’une marque. Les “instagrameurs” influents sont rémunérés directement par les marques pour faire la promotion de leurs produits sur leur profil. Un bon moyen de toucher ses cibles à un coût raisonnable. Cette communication est d’autant plus efficace que les cibles sont captives et consententes : elles acceptent sans sourciller le contenu que leur idole du web leur donne à manger… !

Un peu plus d’une décennie a suffi à redéfinir la manière de penser la communication. Plus aucune campagne de communication ne saurait être mise en place sans prendre en compte les réseaux sociaux. Facebook, Twitter et Instagram sont mêmes dans certains cas les plateformes centrales du plan d’actions. Les réseaux sociaux ne ringardisent pas pour autant les outils plus classique print qui viennent efficacement en appui et compléter le dispositif pour donner encore plus de visibilité à la marque.