Quand l’affiche voulait changer le monde

La contre-culture
Dessinée en 1966, cette affiche de Bob Dylan, l’une des plus belles images du XXe siècle, est signée Milton Glaser. Agé aujourd’hui de 86 ans, ce New-Yorkais, membre de Push Pin Studios, a « grandi dans le Bronx, dans un milieu de réfugiés d’Europe de l’Est. Ils étaient de gauche : c’était un vaste mélange de communistes, de socialistes et de trotskystes », raconte-t-il dans le catalogue de l’exposition Internationales graphiques. Glaser et Push Pin contestent la domination du Mouvement moderne, en puisant leurs références dans toute l’histoire de l’art. Les arabesques multicolores de la chevelure de Dylan rappellent l’Art nouveau des années 1900. Des rêves agréables semblent grouiller sur la tête du chanteur de The times, they are changin’. Sans être ouvertement politique, cette affiche s’oppose donc aux codes visuels de la société de consommation.
Plus les affiches s’effacent des murs de nos villes, plus elles réapparaissent dans des expositions. Après les graphistes engagés, il y a quelques mois à la BNF, voici les « Internationales graphiques », exhumées par la BDIC (Bibliothèque de documentation internationale contemporaine). La mobilisation contre le napalm déversé au Vietnam par les Etats-Unis, la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud ou encore l’Escadron de la mort du général Pinochet… L’exposition regroupe vingt ans d’archives montrant le rôle du graphisme dans la sphère politique.

jusqu’au 29 mai à l’Hôtel des Invalides, à Paris